La formation des écoliers sur Internet

11 février 2009 / Marco D'Alessandro

Les écoliers et écolières de Suisse ne s’intéressent pas qu’à Facebook & Co. ou aux toutes dernières photos de fête. Au Junior Web Award, ils s’occupent de sujets d’actualité et mettent leur propre site Web sur Internet, en collaboration avec leur personne enseignante. Réchauffement climatique, sport et amour, mais aussi prévention de la toxicomanie ne sont que quelques-uns des sujets avec lesquels les jeunes participent au concours pour les meilleurs sites Web des classes scolaires suisses.

Pour la troisième édition du Junior Web Award, SWITCH a reçu pour la première fois plus de 500 inscriptions. Jusqu’à présent, près de 200 classes scolaires de toute la Suisse ont enregistré leurs projets sur le site Web du Junior Web Award. Environ les quatre cinquièmes viennent de Suisse alémanique et plus de 30 projets de Romandie et du Tessin.

Internet à l’école – l’école sur Internet
"C’est l’occasion idéale d’utiliser Internet dans l’enseignement", déclare l’instituteur Urs Plüss. Il participe avec sa classe 9b du collège Rebacker à Münsingen BE. Avec le projet "Homme et machine", il traite deux sujets du programme d’enseignement de la nouvelle année scolaire: le système nerveux et la robotique.

Plüss a choisi l’application Web "cmsbox" avec modèle de design afin de ne pas devoir programmer lui-même le site et de ne pas perdre de temps avec sa classe pour des questions de conception. Le système est mis gratuitement à disposition par SWITCH. "Tôt ou tard, les enfants entreront de toute manière en contact avec un "Content Management System" (en abrégé: cms), il est donc avantageux que les élèves apprennent à travailler avec lui", déclare Plüss.

Durant une double heure, il montre brièvement à la classe comment fonctionne le cms, puis il les fait plonger dans l’eau froide: "Quand les élèves voient un ordinateur, ils veulent l’essayer tout de suite et très peu lisent les instructions." Et ça marche, les jeunes s’y retrouvent vite dans le système. Ils ont du plaisir à mettre eux-mêmes les contenus sur Internet. "Mes parents ont été très agréablement surpris que nous puissions créer quelque chose comme cela à l’école. Ils sont fiers que mes textes soient sur Internet!" a déclaré une élève.

Les équipes mixtes travaillent plus efficacement

Les équipes mixtes travaillent plus efficacement

Les équipes mixtes travaillent plus efficacement
Les élèves élaborent toujours un sujet par groupes de deux – "Toujours une fille et un garçon, c’est plus productif", déclare Plüss. Les élèves apprécient la diversion par rapport à l’enseignement normal: "Ce qui me plaît particulièrement dans ce projet, c’est que nous pouvons faire notre propre site Web et que cela ôte du temps à l’école", déclare Oliver en ricanant. Aline et lui traitent des organes des sens que sont la langue et le nez – "Question de goût", c’est ainsi qu’ils appellent leur rubrique sur le site Web.

L’enseignant Plüss a donné à sa classe quelques tuyaux préalables sur une conception conviviale du site. Cela plaît à Aline car "Bien des sites sont d’une conception beaucoup trop compliquée" et maintenant, ils peuvent faire un site simple et compréhensible pour les jeunes. Un autre groupe s’occupe de l’intelligence artificielle. On apprend sur leur site où des robots sont en service et comment le groupe a construit et programmé son propre robot Lego.

Apprentissage et auto responsabilité
Les jeunes se servent souvent d’Internet à la maison – à côté du Junior Web Award, pour chercher des informations, par exemple pour un exposé. Ou bien, ce qui est encore plus important, pour la communication avec des amis en "Chat" ou par des plateformes de réseau social. Internet n’est rien de nouveau pour les élèves car ils appartiennent à une génération pour qui l’utilisation du "Net" est l’évidence même. Ils connaissent aussi les problèmes possibles sur Internet, par exemple le risque d’être inondé d’informations inutiles ou de tomber sur de faux sites.

Afin que les élèves ne "décrochent" pas, chaque équipe est en même temps coach d’un autre groupe. De cette manière, ils se donnent un écho mutuel. Plüss s’occupe lui-même des groupes lors de brefs entretiens individuels. Il est convaincu que les élèves profitent de tels processus de solutionnement. En outre, cela permet d’acquérir d’autres facultés qui vont plus loin que le travail de projet proprement dit. C’est ainsi que les élèves doivent autant que possible faire eux-mêmes les images utilisées, apprenant ainsi à se servir des programmes de traitement d’images. Les jeunes aiment à traiter un sujet qu’ils ont choisi eux-mêmes et apprécient surtout de travailler de manière autonome. Leur propre responsabilité leurs plaît: "Chacun travaille sur ce qui l’intéresse et l’enthousiasme – et pour finir, le savoir est rassemblé sur le site Web", déclare Plüss. "Le projet ne disparaît pas dans un tiroir mais est accessible au public."

Bientôt à la finale?
La votation publique commencera en avril et l’on pourra voter sur les différents sites Web. Urs Plüss est satisfait du déroulement du projet. Les jeunes de la classe 9b aimeraient bien gagner le concours, après tout on s’est donné beaucoup de peine pour exprimer son savoir avec ses propres mots et présenter les contenus de manière compréhensible. Ils sont fiers de la polyvalence de leur site Web auquel ils ont intégré textes, images et vidéos. A la rubrique "Teste-toi toi-même", les visiteurs peuvent contrôler le résultat de l’apprentissage avec des questions sur la matière. "Je m’attends à ce que de nombreux enfants ou jeunes gens regardent notre site et y apprennent quelque chose" déclare Simone.

La votation publique pour la finale commencera début avril à l’adresse www.juniorwebaward.ch où l’on trouvera également un reportage vidéo sur la classe 9b.