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Collaboration interinstitutionnelle, une nécessité

Axel Marion explique pourquoi SWITCH est le partenaire informatique le plus important de swissuniversities.

Publié le 27.05.2016

Depuis des décennies, la Suisse est considérée comme l'un des pays de pointe pour la recherche. L'idée maîtresse de la Loi fédérale sur l'encouragement des hautes écoles et la coordination dans le domaine suisse des hautes écoles (LEHE) entrée en vigueur le 1er janvier 2015 était que la Suisse ne pouvait être dans le groupe de tête de la recherche et de la formation sans coordonner les différentes institutions de formation supérieure.

Il n'est pas toujours facile de trouver un langage commun, les mêmes objectifs ou encore le même programme mais je constate avec plaisir que la volonté de trouver une voie commune est bien présente et les premiers résultats sont là. Les différents acteurs ont parfaitement compris qu'ils ne peuvent, à eux seuls, réaliser autant qu'ils le peuvent ensemble. Ou autrement dit: malgré la situation de saine compétition entre les différentes institutions pour assurer leur croissance ou trouver les meilleurs chercheurs, les recteurs sont animés par un fort esprit de collaboration.

Réunir les experts

Cependant, swissuniversities ne peut rien faire seule. Un bon exemple en est le programme CUSP-2 «Information scientifique: accès, traitement et sauvegarde» dans lequel SWITCH est largement impliquée. Il s'agit d'un ambitieux projet visant à fournir l'accès à une vaste gamme de contenus numériques d'importance scientifique ainsi qu'aux instruments appropriés à utiliser dans toutes les hautes écoles de Suisse, notamment les bibliothèques. Ce qui est intéressant à propos de P-2, c'est qu'on peut le considérer comme un programme fournissant des outils informatiques à l'information scientifique, mais aussi comme un projet envisageant l'informatique comme faisant partie intégrante de la science, par exemple dans les humanités digitales. Celles-ci ne sont pas possibles sans numérisation, sans grandes bases de données et sans les outils d'extraction de ces données. Ces deux objectifs coexistent et ont besoin l'un de l'autre. Notre mandat de définir une stratégie suisse de libre accès aux publications scientifiques est également étroitement lié à P-2. C'est là un défi considérable, mais l'idée est rigoureusement la même: faire participer les meilleurs experts de Suisse et arriver à réaliser le but donné.

Une action rapide due à des liens resserrés

Cette année, nous avons également commencé à coordonner notre action au niveau de la communication politique. Cela n'a pas grand-chose à voir avec l'informatique, mais ça met en lumière un autre aspect du travail de la communauté chez swissuniversities. Après l'acceptation de l'initiative populaire «contre l'immigration de masse» en 2014, nous avons tous constaté les problèmes importants que cela créait pour les institutions de formation supérieure. Avant le vote, beaucoup de hautes écoles pensaient ne pas pouvoir faire de déclarations politiques dès lors qu'elles sont des organismes publics. Cela a changé. En janvier de cette année, avant l'initiative de mise en œuvre, les membres de swissuniversities ont décidé de faire une déclaration sur le sujet. Nous avons voulu mettre en lumière les risques que ce scrutin nous faisait courir au niveau des liens avec l'UE. Swissuniversities devait faire comprendre qu'une adoption de l'initiative aurait des conséquences pour la Suisse dans le domaine de la recherche et de la formation. Étant donné que swissuniversities réunit tous les types de hautes écoles, nous avons pu agir rapidement et de manière très coordonnée.

SWITCH en tant que partenaire et partie prenante

Dans beaucoup de nos projets, SWITCH joue un rôle crucial. Nous considérons SWITCH comme notre principal partenaire pour tout ce qui touche aux services informatiques. Aussi est-il très important que nous fassions partie du Conseil de fondation et du comité. Lorsque nous parlons de libre accès, de P-2, ou d'e-infrastructure, SWITCH est incontournable. La vision à long terme de P-2 est de créer une organisation nationale en matière d'information scientifique, et nous ne pouvons obtenir de solution viable sans que SWITCH soit non seulement partenaire mais aussi partie prenante. C'est pourquoi il importe pour nous que SWITCH continue d'axer sa stratégie sur les institutions de formation supérieure. En même temps, je souhaite que les hautes écoles s'impliquent davantage auprès de SWITCH, non seulement financièrement, mais aussi au niveau de la recherche, des contacts, des rapports et de la coordination. Actuellement, il y a un bon équilibre et si cela reste ainsi, ce sera une formule réussie pour l'avenir également.

Synthèse d'un entretien avec le Dr. Axel Marion, Responsable du domaine "Politique des hautes écoles", swissuniversities.

A propos de swissuniversities

En 2012, les hautes écoles universitaires, spécialisées et pédagogiques de Suisse ont fondé swissuniversities, préparant le chemin de la fusion des conférences de recteurs qui existaient à l'époque – CRUS, KFH et COHEP. L'organisation, devenue effective en janvier 2015, a pour but de renforcer et d'étendre la collaboration entre les institutions suisses de formation supérieure et de promouvoir un avis commun sur les questions de formation en Suisse.

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